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Plante(z)r des arbres

​Je (Louis) suis né en 1992. Je me rappelle de discussions avec mes amis, que j'ai d'ailleurs eu la chance de garder jusqu'à aujourd'hui, à la cantine du collège. J'avais donc quelque chose comme 12 ans. Déjà, je m'inquiétais de la catastrophe environnementale que l'humain imposait à son vaisseau monde. Comment avais-je accès à ces inquiétudes, alors qu'internet naissait tout juste, et que ces sujets n'étaient pas encore tout à fait centraux dans le débat publique ? Aucune idée. Probablement des discussions à la maison. En tout cas, Louis, 12 ans, disait à ses copains qu'il fallait que l'humain reprenne raison. Sur cette première partie de vie, la température maximale rencontrée en juin, c'était en 2005 : 35.2 °C. 

​Ensuite, il est arrivé l'âge du lycée : à ce moment là, on demande à des jeunes adolescents de faire des choix d'orientation pour tout le reste de leur vie. Evidemment, ce n'est pas vrai : il est encore temps de changer après, de trouver un autre sens à notre présence sur Terre que celui que l'on a imaginé à 15 ans. Mais c'est l'impression que ça donne; que le choix que l'on fait à ce moment là nous met dans une voie que l'on ne pourra plus quitter. Peut être est-ce l'héritage de ce que les générations qui précèdent la mienne vivaient : une carrière plus ou moins continue dans une même entreprise, du début de l'âge adulte jusqu'à la retraite. En tout cas, c'est le souvenir que j'ai de ma compréhension du monde du travail, à l'époque. A ce moment là de ma vie, alors que je croyais devoir décider de ce que j'allais faire des 40 prochaines années, j'ai mis le combat écologique en priorité : j'ai imaginé que travailler dans le génie climatique (la gestion de l'énergie dans le bâtiment, en gros) était un choix cohérent, utile, peut être même nécessaire. Si je pouvais participer à réduire les consommations énergétiques de nos villes, ou, au moins, de nos maisons, c'était ça de prit. Au moment où je sors du lycée, la température la plus haute rencontré en juin, au cours des trois années qui constituent cette période, c'est 33°C en 2009. 33°C... 

​Après le lycée, j'ai étudié le génie climatique pendant 5 ans, puis j'ai travaillé dans un bureau d'études jusqu'en 2023. Je ne vais pas rentrer ici plus dans le détail, mais en 2023, ça à fait pschitt quelque part dans la caboche de votre serviteur. Je crois que je n'arrivais plus à me mentir : ce que je faisais n'avait pas d'impact. Construire des bâtiments économes, ça coûte des sous. Alors, les plus modestes dépensent leurs revenus en chauffage, pendant l'hiver, et suffoquent dans leur bouilloire thermique pendant l'été, pendant que ceux qui en ont les moyens font installer des climatiseurs plutôt que de l'isolation. C'est un peu exagéré, mais à peine, malheureusement. Participer à ce que j'estime être à la fois une injustice et une bêtise m'était devenu insupportable. De 2010 à 2023, nous avons connus des étés particulièrement chaud, battant le record de 2005 : 37.3°C en 2011, 35.9 °C en 2015, 39.7°C en 2019 et 2022. Je le dis autrement : sur mes vingt premières années de vie, j'ai connus quatre mois de juin où la température dépassait 35°C. De 2013 à 2022, ce seuil est franchi là aussi quatre fois. En moitié moins de temps. 

​Alors, en 2023, je décide, parce que j'y suis contraint par moi même (...), de faire autre chose de mes journées. Je n'abandonne pourtant pas l'espoir de jouer un (petit) rôle dans la lutte contre la catastrophe environnementale. Mais mon regard a changé : je ne crois plus que le vivant soit en danger. Qu'est-ce que ça veut dire ? Enfant, je pensais qu'on devait sauver ce qui, jusqu'à preuve du contraire, est une rareté universelle, voir un accident unique : la terre abrite la Vie. Des bouts de cailloux inertes qui, lorsqu'ils sont réunis de la bonne manière, et sans que l'on comprenne trop pourquoi, finissent par faire des bestioles qui sont capable de créer de la pensée et de la mettre en oeuvre. Par exemple, un chat qui se dit, très tôt le matin, que s'il miaule suffisamment fort, alors il est possible que son esclave humain se lève pour donner à manger à Mimi le Chat. Mais à la base, le chat, l'humain et les croquettes, c'était du caillou ! Je pensais donc qu'il s'agissait de sauver ça : ce truc peut être unique. 

​J'ai changé de point de vue, disais-je. La Vie saura trouver un autre chemin, quand bien même nos errement réduirait la biodiversité à une partie infinitésimale de ce qu'elle était avant l'ère industrielle, ou avant la domination de l'Homme sur son environnement. Les quelques cafards qui survivront finiront, à grand coup de millions d'années, par former tout un tas de nouvelles espèces, qui peut être recommenceront à leur tour la partie que la notre, d'espèce, aura joué en ce moment.  Il ne s'agit donc pas de sauver la Vie. Il s'agit peut être par contre de sauver les vies de ceux qui sont actuellement sur cette boule de roche. Je n'écrits pas ces lignes dans l'idée de faire un exposé sur les conséquences du bouleversement climatique et de la catastrophe environnementale, au sens plus large, que nous vivons. Mais ce que j'essaie de dire, c'est que si nous n'agissons pas, alors nous serons à la fois victimes et coupables, et qu'il ne faut surtout pas oublier ça. Ca, et le fait que d'autres, beaucoup plus nombreux, ne seront que victimes : les écureuils n'y sont pour rien dans cette histoire, pas plus que les châtaigniers et les vers luisants. Ou, comme on l'apprend ces jours ci, les millions de poissons qui meurent parce que les rivières qu'ils habitaient ont sechées. Ces poissons ne sont pas nos frères, parents ou cousins. Ils ne sont pas mêmes nos congénères. Mais nous devrions garder à l'esprit qu'ils pensent, et que cela est désormais démontré par la science. Ces millions de poissons se sont vu enfermer dans des petites poches d'eau, qui devenaient de plus en plus petites et de plus en plus chaudes à mesure que la rivière finissait de s'évaporer. Ils se sont vus mourir, et ils ont succombés lorsque l'air à finit par leur manquer. Ce ne sont pas nos congénères, mais je crois que l'on peut ressentir de l'empathie, y compris pour les autres espèces. 

J'ai changé de point de vue, disais-je : il ne s'agit pas de sauver la Vie mais des vies. Et quelque chose d'autre a évolué dans ma compréhension de notre environnement. Attention, quand je dis "ma compréhension", c'est bien que c'est la mienne : je ne prétend pas à ce qu'elle soit vraie. Je ne prétend pas à la juste compréhension. Je prétend à ce que ça soit ma manière à moi de lire le bain dans lequel nous nageons. Mais il ne faut pas exclure la possibilité que je sois complétement à la ramasse... Bref, quel est cet élément supplémentaire ? J'ai employé plus tôt l'expression "vaisseau monde". Savez vous ce qui définit un vaisseau, au milieu de l'océan ? Ses parois. Il y a un dedans et un dehors. Humains, Terriens, nous sommes a peu de choses prêts coincés sur notre vaisseau, la Terre. Et nous devons donc faire avec ce qu'elle contient, et rien de plus. Nous vivons sur un monde fini, avec des ressources, de fait, finies elles aussi. Mais notre société, elle, s'appuie sur une théorie de l'infinie : on mesure la performance d'un groupe humain à sa croissance économique. Plus celle-ci est faible, moins le groupe est performant. Ca implique que nous cherchons à toujours aller plus haut. Parce que l'on ne regarde pas l'état de confort, pour juger du bien être d'une société. On regarde le fait que cet état de confort ait augmenté par rapport au passé. C'est en tout cas ce que défendent, officiellement, les théories du capitalisme, qui affirment que c'est ainsi que l'on élève le niveau de vie de tous. Or, ne pouvant pas quantifier le bonheur simplement, nous avons choisit de considérer qu'une société heureuse est une société bien dotée en activité économique, et nous regardons ainsi le PIB, qui mesure l'activité économique (et pas sa pertinence : si dans la même année, vous construisez une maison et que vous la détruisez, pour la reconstruire, encore, vous avez généré 3 fois du PIB... mais construit une maison). Pour faire tout ça, il faut plus de ressources. Mais, on le sait, il arrivera un moment où celles-ci cesseront d'être disponibles en quantité croissante, puisqu'elles existent en une quantité limitée, du fait d'habiter un vaisseau fini. C'est vrai pour les ressources premières minérales, comme le fer, par exemple. Celui-ci ne se créé pas. Il est là, point. En vérité c'est pas tout à fait vrai, si l'on prend "un peu" de recul et que l'on commence à réfléchir en millions ou milliards d'années, il est probable que les quantités évoluent, puisque l'univers qui n'a "que" 14 ou 15 milliards d'années n'était, à sa naissance, qu'hydrogène. Bref, il y a les ressources minérales. Et puis il y a les matières secondaires, bien qu'on les qualifie également de primaires : le bois, assemblage de ressources minérales. Ou la tourbe. Ou le gaz et le pétrole. Toutes ces lignes pour en arriver là... Le gaz et le pétrole. Ces deux ressources sont la base de notre organisation commune : Jean-Marc Jancovici aime jouer à un jeu lorsqu'il évoque le sujet, en interview. Il fait la liste de tous les objets, autour de lui, qui ont nécessités à un moment ou à un autre, un peu de pétrole pour arriver jusqu'à nous. Et la conclusion est sans appel : tous. Même la pomme achetée chez votre arboriculteur local, bio, a demandé du fuel. Ne serait-ce que pour arriver de chez lui à chez vous, à bord d'une voiture électrique dont le tableau de bord est en plastique. Or, le pétrole va manquer. C'est une certitude. Quand ? Certains disent que c'est déjà le cas, bien qu'on ne le voit pas. D'autres prédisent ça pour dans quelques décennies. Peu importe, il manquera. Et lorsqu'il manquera, je crois que nous aurons un problème assez sérieux. Ceci dit, plus tard arrive ce manque, et plus nous aurons eu le temps de nous y préparer. En contrepartie, si l'on ne change pas nos habitudes de consommation, plus tard arrive ce manque et plus nous aurons émis de CO² dans l'atmosphère, et donc plus le changement climatique sera grand. Parce qu'il faut être très clair : le moment où l'on emet du CO2 ne compte pas lorsque l'on regarde le temps long : c'est un gaz très stable, ce qui implique qu'il faudra des millénaires pour revenir à des niveaux pré-ère industrielle. Un gramme de CO2 emis maintenant et ce même gramme émis dans 15 ans, auront le même impact en 2051 (article écrit en 2026). Pour ceux qui ont le cœur bien accroché, et que ces quelques lignes intéressent, cette manière d'analyser les choses porte un nom : la collapsologie, qui veut dire l'analyse de l'effondrement. Attention toutefois, on trouve un peu de tout dans les gens qui parlent de ça, et les intérêts de certains sont plus personnels qu'autre chose : c'est un thème profondément bouleversant. Un sujet idéal pour trouver des gens en détresse et imposer une certaine emprise sur eux : leur vendre tel ou tel programme bien être, formation, stage de résilience, mais surtout piquer tout le pognon de gens déjà en détresse... Je ne suis personne pour le dire, mais je le fais quand même : je vous invite donc à la vigilance et à avoir beaucoup de recul, si vous veniez à vous intéresser à ce sujet... Et alors, quel lien entre la collapsologie et le changement climatique ? Pire, quel lien entre la collapsologie et le fait de planter des arbres ? C'est très simple : pour moi, ces derniers sont une partie de la solution, par ce qu'ils apportent de robustesse, de résilience. Et par tout ce qu'ils peuvent nous fournir de matières premières renouvelables. Mais je vous en parle plus bas, et j'en reparlerai dans d'autres notes de blog, pour sûr !

​En 2023, avec tout ça en tête, je me dis donc que je vais planter des arbres. Mais mon jardin est trop petit. Et il le sera quoi qu'il arrive : je n'ai pas la prétention à disposer de milliers d'hectares. Ni même de centaines. C'est pourtant ce qu'il faudrait pour ne pas avoir l'impression de faire pipi dans un violon. Alors, si je ne peux pas planter des arbres chez moi, peut être puis-je le faire chez les autres ? Pour cela, je décide d'ouvrir une pépinière. Ce "je" se transforme, à ce moment là, en nous, puisque Virginie me rejoint dans l'aventure de la paysannerie. En juin 2025, la température maximale atteinte était de 37.3°C, au Mans. Quant à 2026, source de ce très très long article de bloc, nous avons explosé tous les records, avec 41.8°C mesuré à l'ombre. Peut être l'aurez vous noté dans les différentes fin de paragraphe, mais il y a comme un truc qui dérape : de 1992 à 2009, nous n'avons connu que deux mois de juin à plus de 35°C, en l'occurrence 35.2 et 35.3°C.  De 2009 à 2026, c'est à dire sur le même nombre d'années, nous en sommes à 7, avec des températures toujours plus hautes. 

​Le nom de cet article de blog, c'est "plante(z)r des arbres". Et pour l'instant, je vous l'accorde, nous n'avons pas franchement évoqué ce sujet, et nous avons beaucoup parlé de moi. De fait, on s'en moque un peu, de moi. Mais si je parle à la première personne, c'est parce que j'espère faire vibrer un truc chez vous : ce "moi", c'est peut être "vous", ou l'un de vos enfants ou amis. Peut être que vous avez fait les mêmes observations que moi. Peut être, si c'est n'est pas le cas, que mes remarques vous interrogeront, et qu'elles vous donneront envie de faire le même sinistre jeu des températures que celui que je viens de vous exposer. Bref, je voulais vous mettre en condition : si les dernières années ont été particulièrement chaudes, entendez bien ce que disent tous les spécialistes : ce n'est que le début. Au cours des 17 dernières années, nous avons dépassé les 35°C, en juin, 7 fois. Attendez vous à ce qu'au cours des 17 prochaines, ça soit tous les ans, ou presque. Et ça, c'est indépendamment du fait que vous fassiez le tri, et que vous preniez les transports en communs ou que vous coupiez le robinet quand vous vous lavez les dents. A partir du moment où l'on continue d'émettre plus de CO² que ce que la terre sait absorber, ça continuera de chauffer. Je ne vais pas de toute façon, ici, dire ce que j'ai compris des solutions pour baisser notre empreinte carbone. Cet article est déjà trop long. Par contre, je vais écrire encore quelques (dizaines) de lignes sur comment rendre moins insupportables nos espaces de vie, en plantant des arbres...

... Commençons par dire ce qu'ils sont, ces arbres : de grands panneaux solaires. C'est en tout cas la partie la plus visible du bidule. Par leurs feuilles, les arbres captent l'énergie du soleil, pour la stocker sous forme chimique, en l'occurrence en fabriquant des sucres. Cette énergie lumineuse, si elle n'était pas utilisée dans le processus de photosynthèse, aurait essentiellement été restituée sous forme de chaleur. C'est ce qu'il se passe sur le goudron de nos routes : ces dernières ne sont pas de grandes feuille chlorophylliennes.  Un arbre, lorsqu'il a des feuilles, réduit ainsi l'échauffement de l'air, et pas uniquement parce qu'il vous fait de l'ombre. Cette réduction, c'est pour beaucoup le fait qu'il réduise la capacité du soleil à chauffer, puisqu'une partie de l'énergie que la bouboule jaune nous envoie est transformée en ... arbre. D'ailleurs, lorsque vous utilisez votre cheminée, c'est l'inverse qu'il se passe : la combustion casse des molécules que l'arbre a fabriqué, libérant ainsi de la chaleur. Ce principe est vrai pour n'importe quelle plante. Pour simplifier, une plante qui pousse consomme du sucre : si elle pousse vite, c'est qu'elle en consomme beaucoup. Si elle en consomme beaucoup, c'est qu'elle en produit beaucoup, et si elle en produit beaucoup, c'est qu'elle capte beaucoup de lumière (et d'eau, et de nutriments dans le sol). Normalement, rendu là, vous devriez vous dire qu'un hectare de forêt capture probablement plus de chaleur en devenir (de lumière) qu'un hectare de prairie. Et bien c'est globalement faux : c'est comparable. Pourquoi ne pas se satisfaire, alors, des prairies ? Dans un premier temps, parce que nous ne sommes pas des vers de terre, et que de ce fait, profiter de l'ombre de la pelouse me semble quelque peut compliqué. Ensuite, parce que l'arbre utilise une grande partie de ces sucres pour former son bois, qui représente la majorité de son gain de masse annuel. Cette matière est stable, jusqu'à ce que vous la mettiez dans la cheminée. La prairie, elle, produit de la matière beaucoup moins pérenne, dont une petite partie formera l'humus, mais dont l'essentiel sera consommé par la Vie et ine fine, rendu à l'environnement sous forme de chaleur : c'est par exemple ce qui se passe lorsque l'on voit des tas de fumier fumer, en hiver : les bactéries décomposent les restes de la prairie, mangés par les vaches, émettant de la chaleur. Et puis il y a une autre raison : la prairie, en aout, elle est souvent toute jaune, quand les arbres sont encore verts. Qu'est-ce que cela implique ? La prairie est sèche, elle ne produit plus de photosynthèse. Elle n'est pas morte pour autant, mais disont qu'elle attend avec impatience que l'eau revienne pour exprimer son plein caractère. Les arbres, eux, profitant d'un système racinaire autrement plus profond que celui du trèfle et de ses compagnons, dont on a parlé dans la phrase précédente, continue d'accéder à l'eau. Ils peuvent donc maintenir un feuillage hydraté, vivant, et surtout, produisant de la photosynthèse. Ainsi, cette transformation de lumière en sucres, plutôt qu'en chaleur, est globalement vraie de mars à novembre, sans interruption. Ce n'est pas tout à fait vrai, parce que quand il fait trop chaud cela s'arrête temporairement, mais vous me pardonnerez cette approximation, au vu des quelques centaines de lignes que fait déjà cette note. Ceci étant dit, si j'ai parlé du captage chimique de la chaleur apporté par les végétaux, le rôle de l'ombre en tant que telle n'est pas à négliger pour autant : que vous soyez sous un porche en béton ou sous un arbre, il fait plus frais que si vous étiez en plein soleil, parce que vous recevez moins d'énergie, et que les éléments solides autour de vous (le sol, les murs, etc) en resituent eux même moins, parce qu'ils ne l'ont pas reçu en premier lieu, étant eux même à l'ombre. 

​Les végétaux sont donc des panneaux solaires, mais pas que. Ils sont aussi des brumisateurs. Le processus de photosynthèse, et le fait que les végétaux respirent, implique qu'ils émettent de la vapeur d'eau. Eau que fournissent les racines. Celles de votre pelouse plongent à quelques dizaines de centimètres, tout au plus. Alors, dès qu'il cesse de pleuvoir pendant deux semaines, et qu'il fait un peu chaud, votre pelouse sèche, parce qu'il n'y a plus d'eau dans le volume auquel elle à accès. Mais certains végétaux peuvent aller chercher à plusieurs dizaines de mètres de profondeur, là où l'eau ne manque jamais. Alors, par la respiration, les végétaux rejettent dans l'air un peu de l'eau qu'ils sont allés chercher en profondeur. Et ça aussi, ça rafraichit l'air. Ceci dit, au pied des arbres se joue une féroce guerre de l'eau : la prairie est en concurrence avec les arbres. Lorsqu'il fait trop sec, on peut alors voir la pelouse qui se trouve au pied des arbres sécher plus vite qu'ailleurs, surtout si elle n'est pas protégée par l'ombre qu'apporte le chêne qui pique toute l'eau. J'ai toutefois l'impression que ce constat est à nuancer : les prairies sont essentiellement constituées de végétaux dont le cycle de vie implique un séchage estival. La présence des arbres peut accélérer cela. Mais à la pépinière, nous avons constaté que des espèces qui ne sont pas censées sécher profitent, à l'inverse, de la présence des haies : par les racines, et les mycorhizes (que je n'expliquerai pas ici), les végétaux s'échangent de l'eau. Il me semble avoir constaté que ce n'était pas vrai de la même manière pour tous, et que si les graminées pouvaient souffrir de la proximité avec les acacias, il n'en est pas de même des cassissiers, groseilliers, et autres arbustes non séchants., voir adaptés à la mi ombre, c'est à dire qui ont évolués sous leurs grands frères, et qui sont donc adaptés ) cette concurrence hydrique qui leur est imposée. 

​Le dernier élément que je voulais évoquer ici, avant de cesser de couvrir cet écran de noir, c'est la barrière éolienne. Vous l'aurez peut être constaté cet été, le vent est un facteur aggravant à la fois de la sécheresse et de l'inconfort que provoque la chaleur. Il est arrivé que j'ai l'impression de vivre dans un sèche cheveux... Cette sensation est aggravée par les grands espaces, qui ne permettent pas de casser le vent. Or, planter des haies, c'est planter autant d'obstacles. Elles freinent le vent, et pas que lorsqu'il fait chaud, tout en le rafraichissant lorsqu'il passe sous les feuilles des arbres. Je ne crois pas qu'il soit nécessaire d'en dire beaucoup plus : il me semble que c'est intuitif, contrairement à la photosynthèse. 

Je ne vais pas vous parler plus longtemps de ce que font les arbres pour nous et la biodiversité qui nous entoure, parce que cet article est déjà beaucoup trop long. Mais une prochaine fois, on pourra parler ensemble de ce qu'ils apportent à la réduction des risques d'inondation, à la création du sol, etc. Il faudra qu'on le fasse. En tout cas, ça me tient à cœur. En attendant : si vous avez trop chaud, plantez des végétaux. Une vigne qui profite de votre façade produira du raisin, en même temps qu'elle rafraichira la maison par l'ombre qu'elle impose au mur qui la porte. Une pergola supportant quelques pieds de kiwi vous fournira des fruits délicieux tout en vous autorisant de manger dehors, au frais. Une haie, en plus de vous séparer du voisin pénible qui trouve toujours quelque chose à vous reprocher, rafraichira tout le jardin, à condition qu'elle ne soit pas de thuya. Et puis si le voisin est cool, cette haie peut être fruitière, pour vous permettre à tous les deux de faire de belles récoltes. Tout ça, vous pouvez le faire artificiellement : une clim' pour la maison; une voile pour la terrasse; des panneaux en plastique imitation bois pour la clôture. Mais vous pouvez aussi le faire en vert, en vivant, pour remettre un peu de merveilleux dans nos lieux de vie, pour les rafraichir, pour éviter de consommer du plastique, et pour pas beaucoup plus cher, voir souvent moins. Pour cet été, il est trop tard. Mais cet hiver, pensez y. 


Planter des arbres. 

De mon point de vue, c'est un devoir.

Et si ce n'est pas pour vous, pensez à vos enfants ou petits enfants : votre clim individuelle VOUS protège, mais c'est EUX qui devront en subir les conséquences. Alors que le pommier planté cette année restera là 40 ans et aura eu pour seul inconvénient de vous faire vivre des moments partagés à récolter et cuisiner vos pommes. Et à les manger. Miam.


Plantez des arbres. Partout. Dès que vous le pouvez. Et si c'est impossible chez vous, partagez ce message à vos amis, à votre famille ou à votre voisin chiant.

Plantons.